2026-04-02 · 8 min de lecture

Vices cachés et inspection préachat : qui protège quoi

L'inspection ne tue pas un recours en vice caché, et un recours n'excuse pas une visite bâclée. Frontières utiles avant de signer au Québec.

Trois idées qui se mélangent

Beaucoup d'acheteurs croient qu'une inspection « couvre » les vices cachés. D'autres croient l'inverse : qu'inspecter, c'est renoncer à tout recours. Ni l'un ni l'autre n'est exact. Le Code civil du Québec distingue le vice caché (grave, inconnu, antérieur, non apparent) de ce qu'un acheteur prudent aurait pu constater.

Ce que l'inspecteur documente

L'inspecteur constate l'apparent : taches, affaissements, panneaux électriques bricolés, toiture en fin de vie. Son rapport devient une photo datée de l'état visible. S'il a écrit « traces d'humidité au solage, origine à investiguer », il devient plus difficile d'arguer plus tard que la pourriture de lisse était invisible. Inversement, un rapport silencieux sur un défaut pourtant visible affaiblit l'acheteur — et expose l'inspecteur.

Ce que le vendeur déclare

La déclaration du vendeur (souvent le formulaire OACIQ) n'est pas un rapport d'inspection. Mentir ou omettre un fait connu (infiltration réparée « au silicone », drain refait sans permis) est un autre terrain, celui de la bonne foi. L'inspecteur n'est pas enquêteur de titres ni détective de factures. Il peut toutefois noter une incohérence : gouttières neuves sur un solage encore humide, par exemple.

Comment s'en servir concrètement

Faites inspecter avant la fin des conditions. Lisez le rapport avec le courtier et, au besoin, un avocat — pas seulement le résumé. Demandez un complément (plombier, ingénieur) sur tout ce qui est marqué « hors mandat » ou « à investiguer ». Un vice vraiment caché (canalisation d'acier percée dans la dalle, par exemple) peut survivre à une inspection compétente. Une toiture à remplacer qui était visible du sol, rarement.

Tous les articles · Faire une demande